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Nos Crus du Cœur : Graves et Liquoreux

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Pessac-Léognan
Graves

Cadillac  Loupiac  Sainte-croix-du-mont 
Sauternais  Barsac  sauternes

 

Pessac-Léognan  Graves

Appellation Pessac-Léognan

Citons pour mémoire, en préambule, ses Domaines « stratosphériques », tous situés sur Pessac, au sud même de Bordeaux ; comme enclavés dans l’immense agglomération, à l’intérieur de sa ceinture autoroutière.

Stratosphériques, parce que d’une race inouïe, mais, hélas, difficilement accessibles en raison de leur coût. Le plus grand, surtout, l’un plus anciens et demeuré l’un des premiers vins rouges au monde, au corps unique, le Château Haut-Brion, premier Cru classé. (Le blanc est également divin, mais sa production est confidentielle). Si on ne peut résister à un élan fou pour le Haut-Brion rouge, on pourra le satisfaire, parfois, dans l’une ou l’autre des grandes Foires aux vins de septembre ; rendez-vous peut être pris, par ailleurs, à la propriété du lundi au vendredi à midi, au 05 56 00 29 30.

Deux autres très grands lui font cortège, sur des terroirs très proches, et appartenant au même propriétaire (même numéro de téléphone) : le Château La Mission Haut-Brion et le Château Laville Haut-Brillon. Suggestion, si l’on souhaite instiller un peu de mesure dans son coup de folie : se tourner vers La Mission Haut-Brion, un peu moins inaccessible financièrement et qui est très proche du Haut-Brion - dans ses premières années, peut être son égal : souplesse, moelleux profond, fruit somptueux, monument de charme et d’harmonie. Autre quête astucieuse, à un niveau de prix relativement plus sage, La Chapelle de la Mission Haut-Brion, un second vin de grande douceur.

 

 

Toujours dans l’enclave de Pessac, toujours de beaux prix, le Château Pape-Clément, rouge et blanc, ce dernier plus confidentiel, sont devenus réguliers dans la haute qualité depuis plusieurs années sous l’impulsion de leur dernier propriétaire,Bernard Magret, tutoyant même les sommets depuis 2005.

Les bons vins et même les grands vins, dans l’appellation Pessac-Léognan, ne disparaissent pas avec le franchissement de l’autoroute, si leurs tarifs deviennent plus accessibles. Les rouges peuvent être fort différents les uns des autres, révélant parfois, par exemple, des arômes aux notes distinctes, minérales ou fumées, voire de brique chaude, mais ils savent, au total, exprimer merveilleusement le classicisme des vins de Bordeaux. Leur typicité est faite d’équilibre, de velouté, de bouquet. Les meilleurs blancs, par ailleurs, sont extrêmement élégants et racés et d’une grande finesse aromatique.

Inévitablement, cette sélection resserrée des « Crus du Cœur laissera », hélas, d’autres belles bouteilles sur le bord de la route…

L’on "nomine" donc :

 

Château Smith Haut-Lafitte 33650 Martillac
Tel 05 57 26 38 38

On ne se contente plus de déguster avec bonheur les vins de Smith Haut Lafitte, désormais, on plonge dedans ! Cet hommage en forme de sourire, aux propriétaires Daniel et Florence Cathiard, salue le formidable travail qu’ils ont accompli depuis 15 ans, magnifiant leurs vins, aussi bien que leur environnement.

C’est désormais, un magnifique ensemble Spa de « vinothérapie », hôtel de luxe, restauration, qui côtoie leurs belles vignes, leurs chais modernisés, et un château historique restauré.

Ce sont surtout les blancs qui, depuis 2002, ont fait la nouvelle réputation de Smith Haut-Lafitte. Ils expriment admirablement, la puissance, la vinosité, l’élégance et les arômes musqués des grands sauvignons, tandis que leur finale, délicate, témoigne par ailleurs d’une vinification maîtrisée.
On peut presque aussi bien les boire jeunes que les attendre un peu.
Aujourd’hui, les rouges impressionnent également par leur ampleur, leur structure et leurs tanins serrés, leur charnu, leur bouquet complexe et fin, exhalant fruits murs et torréfaction. Il est souvent préférable de poursuivre leur épanouissement en cave, quelques bonnes années.

 

 

Domaine de Chevalier, 102, chemin de Mignoy, 33850 Léognan
Tel 05 56 64 16 16

S’il fallait, en un mot, définir ce qui forge l’âme du Domaine de Chevalier, on choisirait celui de « respect ». Respect du passé et l’appellation même de « Domaine » exprime cette fidélité à l’Histoire ; respect du terroir dans ses diversités parcellaires, et qui se prolonge, même, dans les modes d’utilisation des techniques de vinification les plus sophistiquées. Respect des raisins jusqu’aux vendanges et aux tris .Cette constante du respect débouche sur un autre mot clef, pour qui veut comprendre en profondeur la longue réussite du Domaine : celui « d’équilibre » que l’on ressent quasiment, dans les propos du propriétaire, comme une quête éthique.

Cette exigence, en tous cas, convient admirablement aux magnifiques vins produits au Domaine de Chevalier. Vins blancs d’une complexité et d’une finesse incomparables, d’une étonnante persistante aromatique et de longue garde. Vins rouges qui se fondent également sur la finesse, l’élégance, la complexité et une distinction de velours.

 

 

Château Latour-Martillac, Vignobles Jean Kressmann, chemin de la Tour, 33650 Martillac
Tel 05 57 97 71 11

Le domaine appartint à Montesquieu, et la tour érigée dans sa cour d’honneur, d’où le cru a tiré son nom, est un vestige, restauré, d’un fortin édifié au 12ème par les ancêtres de l’écrivain. Le Château Latour-Martignac est aujourd’hui, depuis1929, propriété de la famille Kressmann. Son vin devint rapidement célèbre : il fut servi, en 1936, au Palais de Buckingham.

La qualité du cru a été, tant en vin blanc qu’en rouge, régulière et constante. Si le blanc (à dominante Sémillon) est moins connu, c’est sans doute, simplement, que sa production est minoritaire. Il mérite, en tous cas, de l’être beaucoup plus : il est équilibré, séveux, persistant en bouche et exhale de puissantes senteurs de fruits blancs et, parfois, d’aubépine. Etonnamment, il charme dès sa troisième année, tout en ayant une bonne aptitude au vieillissement.

Les rouges, où le Cabernet Sauvignon est majoritaire, sont structurés, équilibrés, élégants ; leurs tanins associent puissance et souplesse. Surtout, le temps dote ces vins d’un délicat arôme tertiaire : il est donc préférable qu’on les attende.

A noter que la deuxième « étiquette » du Château, le Lagrave-Martillac, n’est certes pas dénué d’intérêt.

 

 

Château Haut-Bailly, 103, route de Cadaujac, 33850 Léognan
Tel 05 56 64 05 22

C’est un tout grand. Notamment depuis que son dernier propriétaire, un banquier américain qui géra, un temps, les finances de New York, Robert G.Wilmers, a entrepris, à partir de 1998, de le rénover. Mais on n’aura garde d’oublier qu’une grande part de cette réussite est également due à Véronique Sanders, petite fille du précédent propriétaire, qui gère le château au quotidien.

Pour autant, l’infinie qualité des soins apportés tant à la vigne qu’au chai lors des vinifications du rouge de Haut Bailly, n’en explique pas, en premier lieu, l’excellence. Le cœur du secret réside dans le terroir : un belle terre de graves blanches et de sable sur la plus haute pente de Léognan, reposant sur une sous sol de faluns, une roche sédimentaire constituée de fossiles pétrifiés. Chaque millésime raconte son terroir à sa manière, avec sa sensibilité propre.

C’est donc ce terroir qui offre toujours un vin admirablement souple, quoique le cabernet sauvignon entre pour 2/3 dans l’assemblage. Un vin dont il faut encore célébrer la droiture, l’élégance, l’harmonie, la longueur : on tombe immanquablement sous le charme.

On devine, à l’accumulation des superlatifs, que le Haut Bailly n’est pas donné. Pour autant, il ne cède pas à l’irraisonnable : le rapport qualité/prix n’est pas faussé. Pourquoi pas pour un repas de fête dont on voudrait se souvenir longtemps ?

On peu, au demeurant, approcher le Haut Bailly, par son excellent second vin La Parade de Haut-Bailly, issu de vignes jeunes, soyeux, fruité, charmeur, qui peut donc être bu plus rapidement.

 

 

Château Malartic-Lagravière, avenue de Mont-de-Marsan, 33850 Léognan

Tel 05 56 64 75 08

Malartic était un amiral des Rois de France, dont la famille a acquis le cru à la fin du 18ème, lui donnant, pour partie, son nom et inspirant encore l’étiquette du cru.

Pas étonnant, dès lors, que le château Malartic-Lagravière qui fit partie de l’escadre des grands Pessac-Léognan jusqu’au début des années 80, avant de rencontrer quelques écueils, ait brillamment entrepris de redresser la barre à partie de 1998, avec, pour timonier, un entrepreneur belge, Alfred-Alexandre Bonnie !

Les vins, ruisselant d’un terroir de graves profondes sous le soleil exactement, ont donc repris le meilleur cap. Les rouges, les premiers, ont hissé la grande voile de l’ampleur, et voguent désormais sur les millésimes avec une régularité exemplaire, associant structure et finesse, ce qui leur assure une bonne garde. Ils sont profonds, complexes, charnus. Ne ratez pas, notamment, le 2005.

Les blancs, plus confidentiels, ne sont plus qu’à quelques lieues ; et ils ont encore accéléré depuis 2005, dont le vin s’avère gras, fin, concentré, chaleureux et ira loin.

 

Château Couhins Lurton, 33140 Villenave d'Ornon
Tel 05 57 25 58 58

Pour rester un instant sur la métaphore marine, c’est par son navire amiral, que l’on découvre l’escadre d’André Lurton.

Au demeurant, il n’y a pas de « petit navire» chez ce grand Monsieur du vignoble bordelais, formidable entrepreneur, qui assuma de multiples présidences professionnelles au long de sa carrière, et se définit simplement comme un « viticulteur passionné ». On veut dire, que si tous les vins qu’il produit ne sont pas des grands crus - ce sont d’abord les terroirs qui décident - il porte à chacun le même respect.

« Formidable entrepreneur » : quel plus bel exemple, en l’occurrence, que le château Couhins Lurton. Ayant acquis une partie du vignoble, André Lurton aurait pu se contenter de poursuivre la production exclusive de son vin blanc sur un terroir d’excellente renommée. Au contraire, il acheta, dans un deuxième temps, en 1998, le château lui-même et ses dépendances puis entreprit, un peu plus tard, sa restauration. Il rendit, par ailleurs, le parc à sa beauté première qu’avait imaginé le paysagiste Le Breton au 19ème et reconstruisit les chais. Enfin, parce qu’un grand château bordelais se doit d’être présent aux deux couleurs, il planta Merlot et Cabernet sur une parcelle et produisit également un rouge à partir de 2002.

Le Couhins-Lurton vaut donc d’être découvert, désormais, dans ses deux couleurs. Le blanc, 100% sauvignon, opte pour la finesse et son élégante palette aromatique associe les arômes de fruits à chair blanche, agrumes et notes fleuries. Il peut être bu jeune, mais l’age lui confère une séduisante complexité.

La séduction du rouge, quant à elle, semble s’accroître avec les millésimes. Déjà, le 2004 témoignait de sa noblesse et son ampleur. Au 2005, s’est ajoutée la finesse.

 

Château La Louvière, 33850 Léognan
Tel 05 56 64 75 87

La Louvière est l’autre fleuron d’André Lurton dans l’appellation Pessac-Leognan. Le plus connu, sans doute : ce Château reste même une sorte d’ambassadeur de la dite appellation, auprès de beaucoup de consommateurs français, ne serait-ce que par sa forte présence dans les Foires aux vins.

Mais si La Louvière a si bonne réputation, c’est aussi que les prix de ses crus, bien élaborés en rouge comme en blanc, ont été très raisonnablement tenus. Le rapport qualité/ prix est, la plupart du temps, excellent.

Les rouges frappent par leur équilibre ; ils sont fins, souples, épicés, avec, assez souvent, une petite gourmandise de fruits rouges. Les blancs permettent une belle expression du cépage sauvignon, notamment par leur bouquet. Ils marquent également par leur finesse, leur fraîcheur, leur persistance. Il ne faudra pas rater, notamment, le 2005.

 

A signaler, deux autres «  Pessac-Léognan » produits par André Lurton : le Château de Cruzeau dont les vignes sont plantées à Saint-Médard d’Eyrans et surtout, peut-être, le château de Rochemorin, doté d’un chai tout neuf, au sommet d’une belle croupe de graves à Martillac ; de moindre renom que La Louvière, ils sont, pourtant, régulièrement cités dans les guides et leur coût -Lurton oblige- est sage.

 

Château Carbonnieux, 33850 Léognan
Tel 05 57 96 56 20

Encore un Pessac-Léognan bien connu ! Vieil habitué des Foires aux vins, lui aussi, et aux prix bien tenus.

Mais s’il a pu s’insérer dans nos « Crus du cœur », c’est surtout en raison des améliorations spectaculaires apportées tant aux rouges qu’aux blancs, ces dernières années. Parker lui-même, un peu « gourou » mais grand palais, a d’ailleurs doté de très belles notes le 2005 ainsi que le 2006 primeur.

Pas de secret à cela, sinon le souci tenace des propriétaires, la famille Perrin, d’améliorer les unes après les autres, toutes les conditions et méthodes de production.

A la qualité d’un terroir graveleux, en pente douce, s’ajoutent les avantages d’un micro-climat, légèrement plus chaud en début de saison et un peu plus frais en été : d’où une précocité étonnante.

Dans l’évolution positive globale, les rouges semblent toutefois garder un certain avantage, notamment en matière de régularité. Ils ont désormais acquis de la structure et de l’ampleur, ce qui ne contrecarre ni la souplesse ni l’élégance. Et une belle harmonie leur vient au vieillissement.

Le très beau 2005 montre la voie aux blancs, après la finesse, déjà, du 2004 : il apparaît dense, d’entrée, d’un fruité généreux et sa finale est longue à souhait.

On s’intéressera, par ailleurs, au Château Le Sartre, du même propriétaire : pour goûter surtout son blanc, intense et racé sous son étiquette Art Déco. D’autant que son prix st très sage.

 

Château Olivier, 33850 Léognan
Tel 05 56 64 73 31

Superbe château classé monument historique et des vins eux aussi classés, tant en rouge qu’en blanc : le Château Olivier, bardé d’honneurs et de potentialités, aurait dû constamment, progresser sur une voie royale. On doit à la vérité de dire que la qualité de ses productions a, pendant trop longtemps, insuffisamment répondu aux légitimes espérances.

Mais le redressement est en marche. Une nouvelle équipe, sous la direction de Laurent Lebrun a, avec passion et compétence, remis l’ouvrage sur le métier en 2004 : étude exhaustive du terroir qui a permis de distinguer les meilleurs parcelles ; cuvier remodelé en fonction des résultats de l’étude parcellaire…Les premiers résultats ne se sont pas fait attendre : déjà le rouge de 2004 témoignait d’une nouvelle santé par sa belle couleur, sa bouche dense et on le voit harmonieusement évoluer ; quand au blanc, il arborait déjà une nouvelle complexité. Sur quoi, les 2005 furent, sur l‘élégance et la finesse, une réussite ; et il se pourrait bien que 2006 confirme, au moins sur les rouges.

Ce « Cru du cœur » décerné au Château Olivier se veut donc, à partir de l’élan redonné, un pari sur l’avenir. D’autant que le renouveau semble empreint de sagesse : les coûts des derniers vins sont restés raisonnables, ce qui les dote d’un bon rapport prix/plaisir : à suivre….

 

Château de France, 33850, Léognan
Tel 05 56 64 75 39

En voila un qui pointe le nez sur le chemin de la célébrité ! Il gagne vite en notoriété, en tous cas. Qui apprécie les vins dits « modernes » doit y regarder de très prés : c’est de ce côté là que le Château de France penche volontiers.

Son terroir qu’entourent ceux de très grands châteaux, tels Chevalier et Haut Bailly, peut lui permettre cette ambition : sur une haute terrasse de gravières disponible, il enrobe ses graves fines dans une gangue argilo-calcaire reposant sur un sous sol de grès ferrugineux. Vignoble replanté et chais restaurés y contribuent aussi.

Le Château de France propose donc des blancs où le boisé s’exprime sur la palette aromatique et qui ne refuse pas l’opulence. Tandis que les rouges, eux aussi dans leur « boisé chic », ne rechignent pas à se concentrer. Mais voici qu’avec le temps, les bouches s’assouplissent, les arômes se font gourmands, la complexité s’installe et qu’une belle élégance, si naturelle aux vins de Léognan, enveloppe l’ensemble.

Et aussi ,  Le Château La Garde, de la maison Dourthe, en très beau progrès dans ses derniers millésimes ; le Château Brown, en progrès réguliers, lui, depuis 10 ans et qui s’est propulsé vers les sommets, dès son rachat par la famille Mau, avec des 2005 assez fabuleux pour le blanc, soyeux et bien typé Cabernet Sauvignon pour le Rouge ; le château Haut-Bergey, qui monte, qui monte sagement mais sûrement depuis le 2003 ; le Château Le Thil Comte Clary à Léognan, qui recherche d’abord l’équilibre et l’élégance et gagne de la profondeur avec le vieillissement de ses vignes. . Ils ont tous frôlé le « Cru du cœur ». Ce n’est pas une raison pour se contenter d’en frôler seulement la découverte !

 


Pessac-Léognan  Graves

Appellation Graves

Voila une appellation qui ravira les fouineurs. Elle a, certes, mangé un peu de « pain gris » lorsqu’ en 1987 les grands crus nordistes de la région des vins de Graves ont créé leur propre appellation sous-régionale de prestige, en quelque sorte, celle de Pessac-Léognan.

Mais la déprime du sud s’estompe. Celui-ci a progressivement recréé ses propres fleurons, qui, aux bons millésimes, rivalisent sans complexes, désormais, avec les crus classés « d’en haut », s’agissant de leurs blancs notamment. Et l’émulation aidant, l’exigence de qualité se propage peu à peu dans l’ensemble du vignoble. Il y a donc, pour qui « furète» , de belles trouvailles en perspective. D’autant que les prix de très bons vins, sont restés généralement sages.

C’est dire que si les « crus du cœur », ci-dessous, nous ont laissés sous le charme, leur liste ne peut être exhaustive.

 

Château de Chantegrive, Vignobles Lévèque, 33720 Podensac
Tel 05 56 27 17 38

C’est une belle histoire que celles des Vignobles Lévêque. Mise en musique, certes, par la grive musicienne qui se gorgeait de raisins dorées, aux vendanges, sur les meilleures pentes de vignes, donnant à leur propriétaire, Henri Lévêque, l’idée d’un nom pour son château, « Chantegrive ».

On était en 1966 : Henri Lévêque, courtier bordelais de renom, et son épouse Françoise ont fait l’acquisition de quelques vignes dans la région de Potensac ; deux ans plus tard, encore courtier, et déjà vigneron, il vend la collection de timbres enrichie depuis son enfance, pour acquérir deux autres hectares. Aujourd’hui, alors qu’une nouvelle génération a pris la relève, le Château de Chantegrive, avec 90 hectares, est devenu la propriété la plus importante de l’appellation Graves.

La quantité ne nuit pas à la qualité. Exemples tout chauds : dans l’édition 2008, du guide Hachette, la « cuvée Caroline » 2005 a conquis un coup de cœur, le 4ème du Château et en Février 2007, Chantegrive a été l’un des deux lauréats du Trophée des Crus de Graves, pour son rouge 2005.

La cuvée Caroline est un vin à robe dorée au reflet vert brillant ; elle révèle du gras, de l’équilibre, de la fraîcheur et vieillit bien ; le millésime 2005 est « une explosion d’arômes ». L’autre blanc du Château est moins complexe, mais bien structuré, frais et fruité ( pêche blanche). Le rouge est puissant, ample et ses fruits murs savent apprivoiser le bois.

Suave liquoreux de Cérons quand le millésime le permet.

 

Clos Floridène, Château Reynon, 21, route de Cardan, 33410 Beguey
Tel 05 56 62 96 51

Le pape, aussi, vit sa passion. Surnommé « le pape des blancs de Bordeaux » Denis Dubourdieu, agronome, professeur d’œnologue à l’Université de Bordeaux depuis 1987, met aussi la main à la cuve. En famille, avec son épouse Florence, depuis toujours, et rejoint par leur fils Fabrice, ingénieur œnologue, depuis 2003, ils gèrent plusieurs Domaines s’étendant sur quelque 120 hectares.

Ils bichonnent, notamment, sur l’appellation Graves, les 31 hectares du Clos Floridène, nom de rencontre des deux prénoms, Florence et Denis, sur le plateau calcaire de Pujols sur Ciron principalement, ainsi que sur quelques terrasses caillouteuses d’Illats un sol, qui évoque celui de Barsac, avec ses « sables rouges » recouvrant le sous-sol calcaire. Si Denis Dubourdieu est surtout considéré comme un grand spécialiste de la vinification et de l’élevage des blancs, il ne dédaigne pas pour autant de soigner ses vignes, tenues au clos Floridène, comme un véritable « jardin » Pas étonnant, dès lors, qu’il y produise un graves blanc droit et magnifiquement pur, aux notes minérales et de fruits blancs, aux saveurs fraîches et profondes.

Au Clos Floridène, le rouge , par ailleurs, séduit par son originalité - un cabernet sauvignon très majoritaire sur calcaire, ce n’est pas si habituel dans le Bordelais. Il révèle une belle distinction, de la texture, du charnu, un fruit intense. Alors, Floridène ou Florilège… ?

On ne quittera pas la famille Dubourdieu sur ses terres de graves sans appeler à suivre de près le graves rouge d’un autre domaine, le Château Haura, dont le vignoble couvre deux croupes graveleuses sur la commune d’Illats : il produit un vin très typique du bordelais, classique des terroirs de graves, équilibré, à la structure serrée, fruité et au bouquet complexe. Le Haura Cérons, quant à lui, a la typicité, faite de sève et de finesse, des liquoreux de Cérons.

 

Vieux Château Gaubert, 35, rue du 8-mai-1945 à Portets
Tel 05 56 67 18 63

La ténacité est une grande qualité, chez le vigneron. Ne serait-ce que parce que les vignes elles-mêmes, bonifient avec le temps. Dominique Haverlan, le propriétaire du Vieux Château Gaubert ne l’a jamais oublié parce que ses propres racines plongent profondément dans le vignoble : avant lui, dans sa famille, trois générations de viticulteurs l’avaient précédé lorsque, après des études d’œnologie, il a créé son propre vignoble, en 1988.

Depuis lors, méthodiquement, méticuleusement, il s’est occupé de tout : du vignoble, certes, de la création de son chai aux mille barriques, et même de la restauration de sa belle chartreuse du 18ème.

Tout cela a payé. Aujourd’hui, on peut tenir le Vieux Château Gaubert comme une valeur sûre, régulière. Ses vins existent, même dans les petits millésimes. Le plus remarquables est peut être que ses convictions, ses valeurs, ils les a mises, aussi, au service de la collectivité des vignerons. Président du Syndicat des Graves, il se bat pour que, gage de qualité, une réglementation soit établie, qui assure des rendements et une densité de plantation exemplaires.

Ses blancs sont profonds, amples, gras et ils évitent l’écueil de l’assèchement ; ils atteignent à leur meilleur après quelques années de garde, quand la barrique s’est bien fondue. Le deuxième vin blanc, Benjamin blanc, très accessible, mérite aussi de l’intérêt.

Ses rouges, fruités, ont trouvé leur harmonie, avec l’age, entre puissance et élégance, vivacité et persistance. Et, souvent, la saveur de leurs tanins permet, au choix, de les boire jeunes ou de les attendre un peu.

 

 

Château Saint-Robert, Vignobles Bastor Saint-Robert, Domaine de Lamontagne 33210, Preignac.
Tel 05 56 63 27 66

On trouve souvent de beaux blancs de Graves aux marges du Sauternais : c’est une bonne piste de recherche.

Voici ceux du Château Saint Robert, ancienne Maison Noble - conduits, aujourd’hui, par l’équipe expérimentée de Foncier Vignobles.

Le Château Saint-Robert blanc, cuvée de base à prix sage où le sémillon est légèrement majoritaire, s’avère bien équilibrée, aromatique et non sans complexité. La cuvée Poncet Deville, d’un coût supérieur, est aussi plus impressionnante : déjà par l’intensité de sa robe et la richesse de son bouquet qui peut aller de la vanille aux fruits exotiques. Mais, marquée par le sauvignon, elle se révèle surtout au palais par son caractère racé et sa finesse, tandis que sa vivacité garantit généralement une bonne garde.

Les cépages blancs n’occupent cependant que 6 hectares de vignes sur les 34 que Saint-Robert déploie sur la commune de Pujols-sur-Ciron, voisine de Barsac. C’est que les rouges s’accommodent fort bien également d’un sol constitué de graviers et de sable, puis d’une couche d’argile plus profonde, sur un socle calcaire.

Deux sortes de vins sont également produits, parallèlement aux blancs, avec la même quête prioritaire d’élégance et de finesse. Là encore, si la cuvée de base est honorable, parfois un peu austère, la cuvée Poncet Deville l’emporte, par le bel équilibre qu’elle instaure entre le boisé délicat et le fruit qui s’impose en bouche, entre la finesse et la puissance, développant, au total, un vin fort harmonieux.

 

 

Château Villa Bel-Air, lieu-dit Belair, 33650 Saint-Morillon
Tel 05 56 20 29 35

Ce Domaine de Saint-Morillon, perché sur une superbe croupe graveleuse, en plein cœur de l’appellation Graves, doté d’une très noble chartreuse classique du 18ème dont la décoration intérieure est classée monument historique et d’un parc à l’italienne, parsemé de pièces d’eau et de sculptures, était un peu celui de la Belle au Bois Dormant quant Jean-Michel Cazes, (du célébre château Lynch-Bages, cru classé de Pauillac), en a fait l’acquisition, en 1988.

Ce grand « entrepreneur des vignes » engagea aussitôt, sans manquer au respect des traditions, une restructuration totale du vignoble - 50 hectares d’un seul tenant - et des installations viticoles, ne lésinant pas pour y installer les techniques les plus avancées.

Aujourd’hui, le magnifique terroir, cerné par la forêt des pins qui lui assure un micro-climat, où le Cabernet Sauvignon occupe les graves chaudes, tandis que les autres cépage profitent astucieusement de la fraîcheur des coteaux, profite de mieux en mieux, à mesure que le temps passe, de l’intelligence des aménagement et de la rigueur, au travail, de Jean-ichel Cazes et de son équipe.

Voici donc, en blanc comme en rouge, de très beaux graves bien typiques, modernes et profonds à la fois. Les blancs, vinifiés en barriques, échappent totalement à la lourdeur : imprégnés par le gras du sémillon, ils sont vifs, fruités (notes exotiques), expressifs, tant au nez qu’en bouche, se fondant dans une belle harmonie.

Dans les rouges, Cabernet-sauvignon et Merlot assurent le meilleur équilibre ; le vin est ample, exhale des nuances de fruits mûrs et les tanins soyeux ajoutent à sa saveur.

 

 

Château de Respide, Vignobles Pierre Bonnet, Le Pavillon de Boyrein 33210 Roaillan.
Tel 05 56 63 64 64

Encore un vignoble grand par sa superficie -72 hectares- et par son talent. Il porte le nom d’un des plus vieux châteaux viticoles des Graves, qui appartint à La Reynie, lieutenant de police de Louis XIV. Le château lui-même a été vendu en 1973 par son propriétaire, Pierre Bonnet qui a voulu, ainsi, se consacrer pleinement à son vignoble, « en veillant à son authenticité. »

Un terroir de 30 hectares de cépages rouges et de 15 hectares de blanc, constitué de croupes de graves du quaternaires, en bord de Garonne et dont Pierre Bonnet entend restituer l’expression dans ses vins avec « la plus grande sincérité ».

Il y parvient très régulièrement, aussi bien dans ses deux cuvées de rouges que de blancs : les Château de Respide et cuvée Callypige, toutes aux coûts sérieusement tenus.

Le Château de Respide blanc, élevé en cuve exprime, dans sa franchise, une belle typicité. Callypige, dans la même couleur est généralement plus complexe et exhale un élégant bouquet. En 2005, par exemple, elle a constitué une réussite remarquable, offrant de la matière et de l’acidité en très bel équilibre, une complexité aromatique et une bouche ample et fruitée

De beaux arômes s’exhalant de vins bien équilibrés : ce sont également des caractéristiques partagées par les deux cuvées de rouges, construites sur des tanins veloutés.

 

 

Château Respide-Médeville, SCEA Julie Gonet-Médeville, Château Gilette 33210 Preignac.
Tel 05 56 76 28 44

L’on a positionné délibérément, l’un à la suite de l’autre, deux châteaux qui portent en partie le même nom. C’est pour mieux convier à ne pas les confondre, comme cela arrive parfois.

Le Château Respide-Médeville est produit par le château Gilette, un « grand » du Sauternais. Son terroir est situé sur la commune de Toulette, à deux pas de Langon, où sables et graves s’appuient sur un sous-sol d’argile profonde.

Les propriétaires s’efforcent, avec rigueur, de situer leur vin dans la typicité des graves. Le vin blanc est sans lourdeur ni artifices, souple, élégant, aromatique ; en bouche l’attaque est franche, puis le vin révèle une texture fine et une agréable rondeur.

Dans les rouges, le cabernet-sauvignon, souvent, est légèrement majoritaire ; le vin, coloré, offre un bouquet expressif, révèle en bouche une structure fine et des tanins suaves ; aux grands millésimes, il faut savoir l’attendre.

 

 

Grand Enclos de Cérons, place du Général de Gaulle, Cérons
Tel 05 56 27 01 53

L’on n’a pas retenu, ici, le Grand Enclos de Cérons, simplement pour son histoire pittoresque, surprenante : celle d’un ingénieur en ingéniérie en Toscane, pays du Chianti, par ailleurs amoureux du Bordelais, venu reprendre en avril 2000, une propriété viticole sise sur la commune de Cérons.

Giorgio Cavanna, certes, l’a fait. Mais l’essentiel tient dans les réussites qu’il a alignées au fil des années, tant dans la production de graves, blancs et rouges, que de vins liquoreux.

S’agissant, ici, des graves, le producteur italien nous libre, d’une année l’autre, des blancs délicats et charmeurs, suaves et longs aux arômes de fruits blancs, ou encore d’agrumes avec des nuances exotiques ; la bouche, ample et charnue, se faisant, elle aussi, très aromatique.

Dans ses rouges, se lit son admiration du bordelais : par une association équilibrée du cabernet-sauvignon et du merlot, il vise à l’élégance et à l’harmonie. Le bouquet révèle l’entente de la vanille et des fruits. Et au palais, les tanins se font soyeux.

Et aussi…maints autres graves qui peuvent constituer d’excellentes surprises, pourvu qu’on les veuille explorer : Le Château Brondelle à Langon, frais et charnu, en blanc comme en rouge ; le Château Bourdillot, à Portets, qui collectionne les coups de cœur au guide Hachette, exclusivement en rouges ; le Château d’Ardennes à Illats, régulier dans la qualité, par ses blancs élégants et ses rouges profonds ; le château Léhoul, à Langon, familier de la … «Plénitude» (une de ses cuvées), cher à notre cœur, mais un peu, aussi, pour le portefeuille ; M de Maille à Preignac, souvent grand graves blanc d’un beau Château du Sauternais ; le château Pessan à Portets, dont les rouges, notamment, valent leur…pesant d’intérêt. Le château de Castres à Castres-sur-Gironde, (Vignobles Rodrigues-Lalande,) qui vaut la visite pour ses rouges puissants et soyeux, mais aussi sa chartreuse, son arborétum et son vestige hydraulique du 18ème.

A suivre, encore, des Domaines aux noms peut être moins connus, mais qui réservent parfois, à des tarifs très intéressants, de délicieuses surprises en passant : Château Caillivet à Mazères, Domaine de Couquereau à La Brède, toute petite exploitation en pluriactivité, Château Jouvente à Illats, Château de Giron, Château du Haut-Maray à Mazères, Domaine de la Chouette, à Léogeats…

 


Les Liquoreux

Le seul grand terroir de liquoreux (surtout) et de moelleux (parfois) dans le Bordelais, se situe de part et d’autre de la Garonne ; dans le sud de la région des Graves (rive gauche) pour les appellations de Cérons, Barsac, Sauternes ; également au sud des Premières-côtes-de-bordeaux ( rive droite) pour les crus de Cadillac, Loupiac, Sainte-croix-du-mont.

Ce n’est pas un hasard : au cœur de ce terroir, une petite rivière aux eaux froides, longtemps couverte pars les pins et les frondaisons des Landes, le Ciron, conflue avec la Garonne, plus tiède. Du brouillard produit, « éclot » le Botrytis cinerea, champignon qui dépose sur les raisins mûrs, sa « pourriture noble ». Celle-ci assèche les peaux et concentre les sucres au cœur des baies : la matière première des vins liquoreux est née.

Le travail des vignerons commence. C’est le plus exigent qui soit, parfois le plus ingrat. Car, aux vendanges, il faut multiplier les tries, dans des vignes aux rendements obligatoirement faibles, et ne cueillir que les raisins de qualité optimum pour réussir de grands liquoreux. Encore faut-il, par ailleurs, que les conditions climatiques, souvent aléatoires, n’aient pas altéré la surmaturation.

L’on doit donc bien comprendre - même si notre souci constant reste, dans cette rubriques des « crus du cœur », de valoriser les bons rapports prix plaisir, dans les choix des vins élus - que les coûts de production des liquoreux sont obligatoirement élevés. Et convenir que, dans ces conditions, les prix de ventes, dans les diverses appellations, sont assez convenablement tenus.

Si l’on excepte, bien entendu, quelque vins mythiques : ceux là ont les prix des rêves qui n’ont pas de prix…

 

Rive droite de la Garonne

Moelleux ou liquoreux, les blancs des trois appellations ci-dessous. C’est selon. « Autant l’un que l’autre ; l’un en même temps que l’autre », aurait-on envie de dire, même si ces vins tendent à prendre plus de liqueur en descendant vers le sud. Mais cela dépend aussi des terroirs locaux, des expositions et des humeurs du ciel.

Alors, si la complexité et l’opulence sont plutôt pour l’autre bord (la rive gauche), ici la vivacité, la finesse et le fruit dansent dans l’or des verres, leurs fêtes légères.

 

Cadillac  Loupiac  Sainte-croix-du-mont  Sauternais  Barsac  sauternes

Appellation Cadillac

 

Château Fayau, Jean Médeville et Fils, 33410 Cadillac
Tel 05 57 98 08 08

Depuis 182 ans, 7 générations de Médeville produisent et font négoce de vins sur les rives droite et gauche de la Garonne, tout autour de Cadillac où est érigée leur charmante chartreuse du 17ème. Aujourd’hui encore, ils assurent une « présence stratégique » sur 11 appellations, de l’Entre-deux-mers, aux Graves blanc et rouge, du Bordeaux clairet aux Premières-côtes-de-bordeaux et au Sauternes.

Ayant leur siège à Cadillac, ils ne pouvaient donc pas ne pas produire du Cadillac. Ce qui leur réussit fort bien : ils figurent constamment dans le peloton de tête de l’appellation et il ne passe guère d’année, par exemple, où leur château Fayau, leur Fayau réserve à moins que ça ne soit leur « Réserve Grains nobles », exception 2005 de pur sémillon, ne décroche une ou deux étoiles au guide Hachette.

Le sémillon est omniprésent sur le terroir de 10 hectares, sauvignon et muscadelle se partageant à égalité les 10% restant. Vin socle de l’appellation, le château Fayau, fort bien fait, s’avère frais et racé, sa palette d’arôme va de la vanille aux fruits cuits et confits et in confirme en bouche par du gras, du volume et de l’élégance ; bonne persistance.

Sagement, le château Fayau réserve n’est élaboré que lorsque le millésime y consent. C’est alors un pur sémillon vinifié et élevé en barriques de chêne neuves. La puissance de ce vin s’exprime sans qu’il y perde sa fraîcheur et sa délicatesse.

 

 

Château Mémoires, Vignobles Ménard, 33490, Saint-Maixant,
Tel 06 56 62 04 32.

Voici un autre « grand classique » de l’appellation. Présent sur le marché du vin dans le Bordelais par une dizaine de produits, des AOC Bordeaux aux Premières-côtes-de-bordeaux en passant par le Loupiac et, certes, le Cadillac.

Au total, le Domaine compte 56 hectares répartis sur les communs de Saint-Maixant et Loupiac. Les vignes dégringolent en direction du sud les premiers côteaux de la rive droite de la Garonne. Leur âge respectable n’est pas pour rien dans la qualité des vins produits. Suivant leur nature et leur destination, les vins sont vinifiés et élevés en cuve inox ou en barriques.

Le vin-socle de Cadillac, Château Mémoires présente déjà une belle structure, et exhale des arômes de frits confits et d’épices. Il s’avère de bonne garde.

Naturellement, la cuvée « Grains d’or » issue d’un terroir d’argile et de graves, élevée en fût de chêne est d’un coût supérieur, mais qui reste raisonnable. Le Sémillon y domine ( 85%), puis suit la muscadelle ( 10%) et le sauvignon. Le bouet est marqué par des notes floraleet de fruits confits ; le palais est ample et gras. Mais dans ce vin bien équilibré, la fraîcheur reste présente jusqu’en finale.

 

 

Château du Juge, Pierre Dupleich, route de Branne, 33410, Cadillac
Tel 05 56 62 17 77

Ce « Juge » mérite, comme vigneron, un jugement très favorable.

Ses vignes occupent une longue pente douce sur la rive droite de la Garonne, à Cadillac. Elles produisent essentiellement des Premières-côtes-de-Bordeaux, mais aussi un blanc sec où prédomine le sémillon. Enfin, bien entendu, on ne peut pas être installé à Cadillac sans « faire du Cadillac ».

L’orientation du terroir, sud, sud ouest vers l’immédiate Garonne, est évidemment bénéfique pour la production d’un liquoreux : ce vin peut être très grand aux bonnes années.

Le château du Juge, très régulier et de belle fraîcheur, offre d’aboard sa jolie couleur jaune d’or ; le nez a souvent des arômes de fruits mûrs ou confits avec, parfois une note mentholée. Le palais est gras , ample et persistant et annonce donc une bonne garde.

Dans la gamme ds vins de Pierre Dupleich, le meilleur cru s’appelle toujours « Cru Quinette » C’est donc, de ses Cadillac, la cuvée la plus ambitieuse. . La robe paille dorée prend, cette fois des reflets verts, annonce, déjà, la fraîcheur. Le nez est fin et complexe avec un assemblage de fleurs blanches, de fruits mûrs, notamment d’abricot et confits. En bouche, l’acidité contrôle la liqueur. Cette cuvée mérite souvent d’être attendue en cave pour livrer toute son harmonie.

 

 

Château La Bertrande, Vignobles Anne-Marie-Gillet, 33410 Omet
Tel 05 56 62 19 64

Nul doute que beaucoup d’amateurs de vin ont eu l’occasion de découvrir le Château Bertrande dans l’un ou l’autre des salons organisés dans les grandes villes de France par les Vignerons Indépendants, puisque ses propriétaires, les vignobles Anne-Marie-Gillet où une femme est donc aux manettes, sont adhérents de cette Fédération .

Et nul doute que la charte de qualité qui en émane soit prise en compte au Domaine, sur lequel règne une chartreuse du 19ème : Ses vins sont très régulièrement bons,et , par exemple, les récentes années, 2003 et 2005, ont été, à juste titre, étoilées par les deux dernières éditions d’Hachette.

Un 2003, donc, au nez gorgé de fruits, riche et dense ; un 2005 à la belle matière, bien équilibré qui laisse, en finale, une impression chaleureuse. Un Cadillac qui n’a d’ailleurs pas dit son dernier mot, car la dimension du illéime commande de ‘attendre.

 

 

Château Lescure, CAT la Ferme des Coteaux, 33490 Verdelais
Tel 05 57 98 04 68

C’est n’est pas seulement parce qu’il peut être l’occasion d’un geste de solidarité, qu’il faut s’intéresser au Château Lescure - il appartient à la Société Protectrice de l’Enfance de la Gironde – mais aussi parce que sur les 24 hectares en production sur les communes de Verdelais, Semens et Sainte-Croix du Mont, ils produit d’excellents vins sous diverses appellations : Bordeaux, Premières Côtes, Sainte-Croix-du-Mont ; et Cadillac auquel on s’intéresse plus particulièrement ici.

Ce cru, issu d’un terroir de coteaux argilo-calcaire graveleux, est un vrai liquoreux. Ses cépages, sémilion à 70% complété par du sauvignon, ont quelque 25 ans. Les raisins sont, certes, cueillis à la main, à surmaturation. La cuverie est en inox, l’élevage est effectué en fût dans un chai à demi enterré.

Le tout donne, sous une étiquette de style, un Château Lescure à la robe or, brillante, aux arômes de fleurs et d’agrumes, parfois rôtis. La bouche est riche, complexe, onctueuse. Excellent rapport prix/plaisir.

Dans la cuvée spéciale 2004, le sémillon est omniprésent, seulement accompagné d’une toute petite touche de sauvignon (2%). Par sa belle structure et sa personnalité, elle mérite que l’on attende, en cave, que son bois se soit fondu.

A suivre : le Château Beneyt, sur le fruit, dans des bouteilles de 50 cl, à prix tenu ; le Château Margoton, dont les vins, aromatiques, font la part belle à la muscadelle ; le Château Garbes-Carbanieu, capable de proposer de beaux vins complexes, suaves, sachant affronter le bois, à des prix très aguichant ; le château Vieille Tour, élégant, ample et onctueux.

Lorgner de prés, enfin Château Haut Mouleyre : il a été acquis, en 2004, par Bernard Magrez, le célèbre propriétaire des Château Pape Clément, La Tour Carnet et d’une trentaine d’autres grands Domaines en France et dans le monde : c’est peu de dire que la réussite lui est familière…

 

Cadillac  Loupiac  Sainte-croix-du-mont  Sauternais  Barsac  sauternes

Appellation Loupiac

 

Château Loupiac, SCEA Marc Ducau, Château Loupiac-Gaudiet, 33410 Loupiac
Tel 05 56 62 99 88

Attention, un Loupiac peut en cacher deux autres !

Outre, l’appellation générique de blancs liquoreux que l’on sait, Château Loupiac est la cuvée de prestige du Château Loupiac-Gaudiet, né en 1920 de la fusion de deux Domaines, et qui produit un autre Loupiac sous son nom complet.

La chartreuse du 18ème de Loupiac-Gaudiet, l’église romane du 12ème, toute proche, remarquable notamment par son portail aux voussures décorées et aux six colonnettes aux chapiteaux sculptés, composent avec le vignoble chevauchant les coteaux, un site splendide.

Le Loupiac-Gaudiet est toujours un vin sérieusement construit dont le prix reste raisonnable. A son équilibre s’ajoute l’onctuosité. Le millésime 2005 a été considéré comme l’un des liquoreux les mieux réussis sur la rive droite.

Un ton au dessus, le Château Loupiac, double coup de cœur Hachette en 2006 et 2008, impressionne souvent par sa puissance, tant au nez qu’au palais. Le fruit et le toasté du bois s’y accordent généralement fort bien. Et au total, ce vin gras, riche et long, permet une garde qui dépasse les dix ans.

 

Château du Cros, Vignobles Boyer, 33410 Loupiac
Tel 05 56 62 99 31

Dressé sur son à-pic rocheux, au dessus de la Garonne, comme un témoin fantomatique de la part d’éternité de l’Histoire, le château du Cros, aux vestiges du 13ème désormais protégés par les Monuments Historiques, relie les mannes de Richard Cœur de Lion et d’Edouard d’Angleterre à une réalité présente moins brutale, plus souriante, mais non dépourvue d’exigence.

Réussir un bon vin est un autre combat, chaque année recommencé, dont les Vignobles Boyer, une structure familiale propriétaires des lieux, se sortent généralement très bien. Le Loupiac est la grande affaire du château : il concerne 43 hectares de vignes sur 90 plantées au total d’autres appellations : Bordeaux et Graves.

Le terroir du Loupiac est argilo-calcaire : le vin lui devra, sauvignon aidant, son caractère vif et fin. Bien entendu, une attention essentielle est portée à la vigne, où il faut assurer aux raisins, par l’action merveilleuse et fragile de la pourriture noble, la meilleure qualité.

Deux liquoreux sont produits : en vedette vient le Château du Cros où le sémillon est très largement majoritaire (85%), assurant au vin gras et structure ; la muscadelle est là, à petite dose pour les notes rôties. Au total, c’est donc un cru bien équilibré entre l’acidité et le sucre, la finesse et la richesse. .

La vivacité et la fraîcheur imprègnent aussi le Château Ségur du Cros, où si le sémillon l’emporte encore, le sauvignon comme la muscadelle élargissent leur part. Voici, avec son intensité aromatique, sa rondeur, ses notes de fleurs et d’agrumes, un bon Loupiac d’apéritif.

 

 

Domaine du Noble, EARL Dejean Père et Fils, 33410 Loupiac
Tel 05 56 62 98 30

« Idéal à l’apéritif et sur un melon en été » disent de leur Loupiac les propriétaires. Ils le connaissent leur Loupiac, il est dans la famille depuis 1880 et la vendange peut être effectuée sur des ceps de plus de 100 ans !

Les 15 hectares du vignoble se répartissent sur deux collines aux sols différents : l’un est argilo calcaire et regarde le sud-ouest ; l’autre, argilo-graveleux fait face au sud.

Son enracinement dans le passé, n’empêche pas le Domaine du Noble de donner un caractère plutôt moderne à son vin : ainsi, les fermentations se font-elles en barriques de chêne français, ainsi que le vieillissement, de 18 à 24 mois.

Le vin révèle une robe or franc ; au nez, le bouquet associe fleurs et fruits confits et intègre sans excès un bois de qualité. Au palais, il s’avère vif et puissant, riche et ample. Ses beaux millésimes passeront les dix ans et ils feront alors la fête avec le foie gras.

Domaine de Peytoupin, Alain Cartier, 10, Peytoupin, 33410, Loupiac

Tel 05 56 62 99 50

S’appeler Cartier est une aubaine, quand on est vigneron et qu’il s’agit de dénommer un vin. Mais il faut oser en user. Alain Cartier l’a fait pour sa cuvée « Le joyau de Cartier » et il a bien fait. Car les deux derniers millésimes produits, 2004 surtout et 2005, n’ont rien de clinquant ; ils sont loin d’être des faux…Cartier.

Quoi de plus naturels, dès lors, que ces Loupiac nés d’un beau terroir, arborent une robe d’un bel or. Après quoi se révèlent des vins de belle liqueur. Des vins au riche bouquet de fleurs blanches et de fruits confits, pour le 2004, derrière quoi vient un palais où le gras n’empêche pas la finesse, où à la complexité s’ajoute la persistance. Vraiment superbe, celui-ci.

S’il ne rejoint pas le cru qui l’a précédé, le 2005 ne déçoit pas : les arômes exotiques se conjuguent cette fois aux fruits confits et le palais a de la charpente, avec une belle chaleur et du velours.

 

Clos Jean, Vignobles Lionel Bord, 33410, Loupiac
Tel 05 56 62 99 83

Souvent, dans le vignoble, l’Histoire raconte de belles histoires. Elle dit, par exemple que celle du Clau Jan ( écriture d’époque), remonte à 1549, que le seigneur de Roquelaure et le Duc d’Epernon y furent mêlés et plus tard un chevalier de Malte, ce qui explique les 16 croix de Malte sur une façade, aujourd’hui.

Elle raconte encore, l’Histoire, que la chartreuse actuelle, qui offre un étonnant point de vue sur la vallée de la Garonne, fut construite au 19ème par un Américain M Bord, propriétaire d’une plantation de coton en Louisiane, qui avait acquis le Domaine ; et que, dès lors, la famille Bord n’a plus quitté Loupiac.

Aujourd’hui, sur un terroir aux 2/3 argilo-calcaire et, par ailleurs, graveleux, aux vignes « bichonnées », Lionel Bord, l’actuel propriétaire, produit à partir des cépages sémillon (4/5) et sauvignon un Loupiac de bel équilibre, où une fine acidité, notamment en fin de bouche, permet que s’exprime la richesse de la liqueur.

 

…Et aussi, le Château La Yotte, élégant et au fruit tendre ; le château Mazarin, vin ambitieux qui ne craint pas d’affronter le bois, à la bouche savoureuse, persistante et de belle liqueur ; le château Fortin, petite propriété, dont le vin, harmonieux, présente une séduisante expression aromatique, notamment pas ses fruits confits. Tous trois offrent un excellent rapport prix/plaisir.

 

Cadillac  Loupiac  Sainte-croix-du-mont  Sauternais  Barsac  sauternes

Appellation Sainte-croix-du-mont

 

Château La Rame, Yves Armand, 33410 Sainte-Croix-du-Mont
Tel 05 56 62 01 50

Certes les lieux étaient recouverts par l’océan aux ères lointaines. Et, aujourd’hui, Sainte-Croix-du- Mont surplombe toujours la Garonne. Mais le nom du château La Rame, ne se rapporte à aucune de ces deux réalités ancienne et présente. C’est plutôt la force de son terroir qu’il raconte : La Rame signifie le roc en vieux Français.

On peut cependant user de la métaphore marine pour dire qu’avec ses enfants pour équipage, désormais, Yves Armand tient fermement la barre sur la mer des vignes depuis 19856. Son père avait commencé de constituer le vignoble en 1956, sans jamais, non plus, faire relâche.

Aujourd’hui, le Château produit des vins liquoreux, fidèles au terroir, mais aussi à l’image du vigneron : nets et puissants, ils sont marqués, certes, par le sémillon. Et Yves Armand ne craint pas d’élever sous bois neuf (ou d’un an) des bouteilles étiquetées « Réserve du château ». Il faut donc savoir attendre que, dans ces vins, l’élégant boisé se fonde. Sans que manquent ni la fraîcheur ni l’équilibre, le bouquet de fruits confits s’exprime avec vigueur et le palais prolonge avec force, ampleur, onctuosité, dans une belle longueur.

A noter que la famille Armand est également propriétaire du Château La Caussade, petit Domaine de 6 hectares jalousement soigné, capable de « Cuvée sublime » et dont les coûts restent tenus.

 

Château Loubens, Arnaud de Séze, 33410 Sainte-Croix-du-Mont
Tel 05 56 6 71 25

Grande originalité du terroir de l’appellation : il est constitué, pour partie, d’immense bancs d’huître agglomérées. Si l’on va découvrir les crus du Château Loubens (après rendez-vous, comme il sied), on peut demander à voir, ces fossiles sous la terrasse du Château et même la chapelle, creusée dedans au 16ème siècle !

 

Ces huîtres forgent donc, dans le site tranquille du château Loubens , un terroir de 15 hectares, d’un seul tenant. Le cépage sémillon en couvre la presque totalité : 95%. Le choix du vigneron, chaque automne, est d’y prolonger au maximum l’action du botrytis et d’atteindre à la meilleure concentration par des vendanges tardives.

Généralement, cela réussit fort bien aux vins : à l’or de la robe, à leur nez de coing et d’abricot, au rôti intense apporté par la pourriture noble, à leur bouche dense et puissante qu’heureusement l’acidité rafraîchit.

On retiendra encore qu’il arrive régulièrement au Château Loubens, de remettre en vente d’anciens millésimes.

 

 

Château du Mont, Hervé Chouvac, 33410 Sainte-Croix-du-Mont
Tel 06 89 96 54 73

En plus d’un incontestable talent de vigneron, Hervé Chouvac, avec son épouse Claire, manifeste un beau souci d’accueil : toute la semaine, la visite des chais avec dégustation est possible, seuls les groupes étant conviés à réservés.

Cela laisse peu de raisons de ne pas découvrir ses excellents vins. Ses beaux graves rouges sont à des prix très sages. Et a-t-on meilleure preuve de la qualité de ses liquoreux de Sainte-Croix du Mont, que la meilleur note donnée par le « Monsieur vignoble » du Point, Jacques Dupont, goûteur renommé, lors d’une dégustation à l’aveugle des Châteaux les plus connus de l’appellation, en 2006. 

« Petite merveille », donc, la Cuvée Pierre 2003 nettement liquoreuse, au nez de miel, d’abricot, de rôti et qui révèle dans un bel équilibre en bouche et sans que manque la fraîcheur, de l’ampleur, de l’onctuosité, de la longueur . Tandis que cette même Cuvée Pierre est, ‘année suivante, un liquoreux tendre, fin et long.

Au demeurant, même les moindres millésimes témoignent d’un travail sérieux au Domaine.

De même s’intéressera-t-on au deuxième cru d’Hervé Chouvac, dans l’appellation, le Château Valentin. Issu à 100% de Sémillon, au nez de fruits murs, il exprime, en bouche, un très riche équilibre.

 

Château Bel Air, Jean-Guy Méric, 33410 Sainte-Croix-du-Mont
Tel 05 56 62 01 19

Vigneron indépendant, presque constamment remarqué par les guides, Jean-Guy Méric, propriétaire du château Bel Air, démontre, année après année, sur la palette de ses vins, une belle régularité qualitative, y compris dans les millésimes difficiles. Une valeur sûre, vraiment !

Ainsi le vin du château se montre-t-il volontiers souple, tendre, fruité, frais en bouche, qu’on boit avec plaisir dans sa jeunesse.

Ses « Vieilles vignes » de Sémillon, quant à elles , ont d’autres atouts : elles ont permis à Jean-Guy Méric de réussir un 2004 bien concentré et complexe. Les élégants arômes de fruits confits débouchent sur une bouche ample et riche : ce vin mérite qu’on l’attende. Ces mêmes « Vieilles vignes » avaient produits, l’année précédents, un cru axé sur la finesse et la fraîcheur avec de beaux arômes de miel et de rôti.

La cuvée « prestige » se veut même plus ambitieuse ; elle ne craint pas de confronter au boisé un vin riche aux saveurs puissantes (de marmelade d’orange, parfois) ; son aptitude à la garde permet de l’attendre.

 

 

Château Crabitan-Bellevue, GFA Bernard Solane et fils, 33410 Sainte-Croix-du-Mont
Tel 05 56 62 01 53

Vaste château, maintes fois médaillé. Comme beaucoup d’autres Domaines de la rive droite

de la Garonne, il est présent dans plusieurs appellations. Et, par exemple, outre ses cuvées de Sainte-croix-du-mont, il produit un Première Côtes moelleux, minéral et onctueux, pour l’apéritif.

Avec le Sainte-croix du mont, le niveau, bien évidemment, s’élève, même s’il sera préféré, aux années peu favorables, par les amateurs qui ne recherchent pas trop la liqueur. C’est alors un vin frais et tendre, aux fines épices et aux arômes de fleurs blanches.

Aux belles années, au contraire, sa richesse en bouche intègre parfaitement le boisé. Le 2003, par exemple, offre, jusqu’en finale, une longue complexité aromatique et son harmonie persistera avec l’âge, justifiant son ambition.

La Cuvée spéciale s’avère, ample et équilibré, enrichissant avec bonheur, elle aussi, ses arômes confits de nuances toastées.

…Et aussi le Domaine du Tich, synthétisant fraîcheur et complexité, au très bon rapport pris plaisir ; le Château la Grave, fort régulier, et où les terroirs séparés peuvent exprimer leurs caractères spécifiques dans différentes cuvées. Le cru de Gravère, qui ne manque pas d’ambition : non sans raison, si l’on en juge, notamment, par la cuvée Quintessence de Gravère 2003, Cuvée Louis, impressionnante d’élégance et de richesse, et gorgée d’arômes rôtis.

 

Côtes-de-bordeaux-saint-macaire

Pas de raison de passer sous silence, cette petite appellation de moelleux (61 hectares), également sur la rive droite de la Garonne, au sud-est de Sainte-Croix-du-Mont : elle a ses fleurons, qui ont la sagesse de bien tenir leurs tarifs.

 

Le Domaine de Bouillerot, Thierry Bos, 8, Lacombe, Gironde-sur- Dropt
Tel 05 56 71 46 04

Il a sortie, coup sur coup, trois « Palais d’or Moelleux » 2003, 2004, 2005, remarquables, issue de vignes de sémillon qui couvrent depuis longtemps ses coteaux argilo-calcaires. Séduisant équilibre entre finesse en puissance, fraîcheur et rondeur boisée. Et on croque ses fruits jaunes. Belle longueur.

…Et aussi, les vins de Mathieu Delong, à Caudrot (Château Majoureau, La Petite Dorée), souples et fruités, ce qui ne contredit pas la puissance ; le Château de Cappes aux vieux sémillons à leur meilleur, pour des vins complexes et au large bouquet floral et fruité ; le Château de Cap D’Orat, aux arômes de bourgeon de cassis et auquel l’association du sémillon et du sauvignon donne de la structure ; de l’élégance aussi, en bouche.

Cadillac  Loupiac  Sainte-croix-du-mont  Sauternais  Barsac  sauternes

Sauternais

 

Cérons

Retour rive gauche de la Garonne. Entre le vignoble des Graves et le Sauternais proprement dit, l’appellation de Cérons, sur quelque 120 hectares en exploitation, fait la jointure. Elle produit encore majoritairement du vin de Graves. Mais également, sur un terroir d’une cinquantaine d’hectares, un liquoreux fin et sèveux auquel il faut être particulièrement attentif aux bons millésimes

 

Château Haura, EAL Pierre et Denis Debourdieu, Château Doisy-Daëne 33720 Barsac
Tel 05 56 27 16 12

Cette découverte du « Cérons » donne donc l’occasion de retrouver quelques brillants « récidivistes », déjà cités parmi les « Crus du cœur » des Graves.

Et ici, déjà, le Château Haura du professeur et vigneron Denis Dubourdieu, qui surfe sur les sommets de l’appellation depuis des années. Si le château produit, désormais , majoritairement, des graves rouges, il sort aussi, chaque année quelques belles barriques de liquoreux enchantées par la pourriture noble .

Le caractère doux et suave de l’appellation est au rendez-vous dans la bouteille. Celle-ci peut se boire dans sa jeunesse sur l’exubérance de son fruit. Mais il n’est certes pas interdit de lui octroyer de bonnes année de cave afin qu’elle puisse pleinement exprimer un potentiel que laissent deviner, dès l’origine, sa puissance, son équilibre, sa complexité.

 

 

Grand Enclos du Château de Cérons, place du Général de Gaulle, 33720 Cérons
Tel 05 56 27 01 53

Déjà élu en graves lui aussi, ce Domaine appartient depuis 2000 à un ingénieur du pays du Chianti (La Toscane), Giorgio Cavanna. Celui, présent ponctuellement à Cérons, a mis en place, au vignoble, une jeune équipe dynamique dont

l’état d’esprit « et celui de la grande école bordelaise ». L’ambition de tous : « travailler comme dans les grands crus et produire des vins à des prix abordables…sur une zone techniquement d’exception. »

Un objectif souvent atteint par le liquoreux du Grand Enclos. Le 2002 s’était déjà avéré gras, ample et persistant. Le 2003 est encore un ton au dessus : la robe est d’un or superbe ; les arômes du vin vont des fruits confits au grillé avant qu’il ne livre, au palais, sa concentration et sa complexité. Il vaut qu’on lui donne du temps.

 

 

Château Chantegrive, Vignobles Lévèque, 33720 Podensac
Tel 05 56 27 17 38.

Troisième « coup double » au cru du cœur : le Château Chantegrive, déjà choisi pour ses graves est, ici, réélu. On ne peut donc que vanter à nouveau le talent de vigneron de Henri et Françoise Lévèque et leur extraordinaire ténacité à restructurer, à rénover leur vignoble pendant quarante ans.

Leur liquoreux, suave comme le veut l’appellation est, par ailleurs, à leur image : généreux. Il exhale une large palette d’a rômes, du miel aux fleurs d’accacia et on fruit mûr. La sélection , Françoise, , en 2005, concentrée et aromatique révèle superbement la maturité des raisins. Sa fraîcheur légèrement citronnée, par ailleurs, assure d’une bonne garde. Françoise Lévèque ne pouvait recevoir plus juste hommage.

…Et aussi, le Château du Seuil, cru élégant et fin, dont le vignoble - de Sémillon surtout - déroule, son terroir vers la Garonne ; Le château Huradin, tout sémillon, lui, à la riche palette aromatique, équilibré n bouche et à la belle liqueur ; le château de Cérons ( à ne pas confondre avec le Grand Enclos), au superbe château Louis XIV, dont le vin ne manque ni de gras ni d’ampleur ; le Clos Bourgelat, équilibré, au bouquet de fruits exotiques et de miel.

 

Cadillac  Loupiac  Sainte-croix-du-mont  Sauternais  Barsac  sauternes

Barsac

 

Barsac, c’est plutôt la finesse des parfums ; Sauternes, plutôt l’opulence : ainsi distingue-t-on, non sans raison, les typicités de ces deux appellations, comme géographiquement lovées l’une contre l’autre. Sans que l’on doive, cependant, en faire une absolu : nombre de grands, d’excellents Sauternes et Barsac, associent les deux qualités.

Au demeurant, les châteaux de Barsac ont le droit de produire leurs liquoreux sous leur appellation propre, ou sous celle de « Sauternes », ce qui n’est pas autorisé dans l’autre sens..

Exceptionnement, nous avons choisi de faire figurer ci-dessous, donc sous le nom de Barsac, les Châteaux élus « Crus du cœur » produits sur le terroir Barsacais, qu’ils aient choisi ou non, pour leur étiquette, leur appellation d’enracinement : ceci, afin de mieux distinguer la spécificité leur style ; mieux faire « goûter leur différence »  

 

Château Climens, Bérénice Lurton, 33720 Barsac
Tel 05 56 27 15 33

On pourrait presque dire, par symétrie, que c’est « le Château d’Yquem » de Barsac, si leur génie propre n’était inimitable. Si l’un et l’autre ne touchaient, chacun dans son style, et avec une époustouflante régularité, à la perfection du vin liquoreux.

Celui a toute l’élégance, toute la pureté de parfums que promet déjà sa robe d’or liquide. De bout et bout il est magique, au point qu’on…ne finit pas de s’en souvenir. Complexe, raffiné, suave, au plus haut point

Son raisin, le sémillon, s’épanouit sur son terroir « monocépage » de 30 hectares d’un seul tenant au sol de sables rouges argileux parsemé de galets, s’appuyant sur un sous-sol calcaire à astéries fissuré, qui favorise le drainage.

L’exigence de la formidable équipe qui crée ce vin sous la direction de Béatrice Lurton (nom combien célèbre, en Bordelais !), commence, bien entendu, à la vigne. Et on peut, pour symbole, désigner le choix de rendement extrêmement bas : 7 hectolitres à l’hectare, qui peuvent descendre à quatre aux années moins favorables : il s’agit de toujours maintenir des conditions de création d’un vin de très haute ambition. Rapporter aussi que chaque lot vendangé, où chaque grain doit être marqué d’une pure pourriture noble, bénéficie d’un assemblage spécifique. Plus qu’une œuvre d’art, le « Seigneur de Barsac » est donc, chaque année, toute une galerie d’art à lui seul.

Bien entendu, le château Climens ne peut être tous les jours sur la table, s’il n’est pas le plus onéreux des vins immenses. On peut plus que se consoler avec le deuxième vin du Domaine, Cyprès de Climens, évidemment plus accessible. Frais et mentholé au nez, il est, en bouche, ample, équilibré, gorgé sur toute sa longueur de fruits blancs et confits.

 

Château Coutet , 33720 Barsac
Tel 05 56 27 15 46

Il y a longtemps que l’on sait que l‘on fait du bon vin au Château Coutet ! Le château viticole existait en 1643. Au demeurant, le cru naguère produit ne devait pas avoir la dimension d’aujourd’hui.

Tout a été refait, rénové au Domaine, à partir de 1977 par son propriétaire Marcel Baly : du vignoble de 38,5 hectares clos par des murs au château lui-même, en passant par les chais etla cuverie. Les méthodes de travail été, par ailleurs, révisées et une coopération commerciale et technique instaurée avec la société Baron Philippe de Rotschild.

C’est ainsi, par exemple, que le terroir - globalement argilo-calcaire et au sol rouge (oxyde de fer) où se sont déposées des graves fines ou des sables éoliens - a été très précisément « ausculté » et que six parcelles ont été distinguées en fonction de spécificités plus précises de leurs sols Ce qui permet désormais , sur chacune d’elles, de conduire la vigne de sémillon ( 75%), de sauvignon (23%) et de Muscadelle (2%), à son meilleur. Jusqu’aux vendanges, où l’on multipliera les tries, non sans risque, pour que la pourriture noble saisisse toutes les grappes : à Château Coutet, les vendanges durent, en moyenne, 28 jours.

Le liquoreux produit est un « vrai Barsac » : cela veut dire fraîcheur, finesse, une élégance charnue, des arômes d’agrumes et d’acacia associés à des notes rôties. Et puis, une délicatesse, une harmonie d’ensemble qui assurent, avec le temps, l’accomplissement d’un grand vin.

 

Château de Myrat, 33720 Barsac
Tel 05 56 27 11 75

« Finalement, je ne suis qu’un cueilleur de champignon », confia un jour Jacques de Pontac. Il rappelait ainsi que ce qui est au cœur de l’art viticole, en sauternais, c‘est la capacité du vigneron profiter au mieux du travail de la pourriture noble sur le raisin.

L’humour du propriétaire du Château de Myrat, n’a d’égal que son talent et sa pugnacité. Myrat avait perdu toute ses vignes : Jacques de Pontac a tout replanté en 1988, alors que les droits de plantation allaient expirer. Pour un long purgatoire : des vignes jeunes et des années climatiques maudites, ça ne pardonne pas. Jacques de Pontac savait qu’il lui faudrait de la patience : aujourd’hui encore, au fond du chai à barrique une horloge comtoise, symbolique, rappelle qu’un grand vin a besoin de temps

Quelque vingt ans après, le Château de Myrat se retrouve (au moins) dans l’antichambre du paradis. Les vignes, à mesure qu’elles prennent de l’age, se marient de mieux en mieux à leur terroir. A la droiture, à la quête d’un pur botrytis vite engagées et comme conquises (voir le 2001), s’ajoute désormais une richesse de la liqueur, proche de l’opulence plus régulièrement rencontrée à Sauternes. Les champignons se font pépites.

Bref, les liquoreux du Château de Myrat sont non seulement à suivre mais à saisir. D’autant que les prix sont restés sages, au regard de la progression fulgurante des vins.

 

Château Doisy Daëne, 33720, Barsac
Tel 05 56 27 15 84

Revoila Denis Dubourdieu, l’Universitaire et vigneron, pour un Xème Cru du cœur ! Mais pour faire le bonheur du Château Doisy Daëne, il a pris le relais de son père, Pierre et de plusieurs générations de Dubourdieu, avant celui-ci, autant de vigneron perfectionnistes et entreprenants qui avaient déjà hissé bien haut le pavillon du vignoble.

On sait ce que le liquoreux de Barsac doit à sa dalle rocheuse de calcaire et aux sables rouges qui s’y sont posés : son admirable finesse. On serait tenté d’écrire que « le jardin des vignes de 40 ans (sémillon à 87%) et la (presque) légendaire précision de Denis Dubourdieu font le reste.

La précision, c’est surtout, ici, celle du moment venu de la vendange, où le raisin, gagné par la pourriture noble, donnera au vin, le plus bel équilibre entre fraîcheur, ampleur aromatique et la richesse en sucres. Le vigneron ne s’y trompe guère : son vin restitue avec pureté et élégance, l’éclat du fruit concentré, comme pour une jeunesse éternelle. Ce qui ne gâche rien, on peut s‘en approcher à des coûts relativement fort sages.

A noter qu’aux meilleurs millésimes, le château produit en demi bouteille un « Extravagant » d’impressionnante puissance, et dont la fraîcheur étonne tout autant. Et, par ailleurs, un Château Doisy-Daëne sec d’une grande distinction, très aromatique, tandis que viennent au palais des notes minérales, des saveurs de fruits blancs et d‘épices.

 

Château Broustet, 33720 Barsac
Tel 05 56 27 16 87

 

Didier Laulan, président de l’Union des grands vins liquoreux de Bordeaux, consacre beaucoup de temps à la promotion de ces « vins d’événements » et, comme tels, trop irrégulièrement dégustés. Et pourtant, à l’apéritif, sur un foie gras, sur un roquefort, ou au dessert, suivant les styles des vins, les occasions ne manquent pas…

Comme vigneron, il n’oublie pas de montrer l’exemple, en assurant un bon accueil à ses visiteurs, dans le cadre des opérations vins et tourisme menées sur la commune de Barsac.

Il y a, en effet, acquis en 1992 le château Broustet dont les vins, après quelques années difficiles dues aux caprices du ciel, commencent à montrer plus que le bout du nez, mais leur ampleur aromatique. Comme se le doit un vrai Barsac, leur distinction, leur élégance séduisent dans les meilleurs millésimes (2005, par exemple, doux et gourmand en sus).

Voila donc un château à lorgner de près aux temps qui viennent. D’autant que ses tarifs sont très sagement tenus.

 

Château Farluret, Hervé et Patrick Lamothe, 3, Piquey, 33210 Preignac
Tel 05 56 63 24 76

Aux « Crus du cœur « des Barsac et Sauternes, la famille Lamothe fait coup double. Avant tout parce qu’elle y produit d’excellents liquoreux. Ensuite, parce qu’elle tient raisonnablement ses tarifs. Enfin parce qu’elle se soucie d’un bon accueil de ses visiteurs, à Preignac : elle organise pour ceux ci, visites et dégustation toute la semaine, et même le dimanche, sur rendez-vous.

On en apprendra plus sur la famille Lamothe et son château Haut Bergeron, sous la rubrique Sauternes, mais son cru barsadais, le château Farluret, objet, évidemment, des mêmes soins qu’à Sauternes, mérite déjà toute l’attention.

Le sémillon représente 90% des cépages, sauvignon et muscadelle se partageant à égalité le reste. Cela donne des liquoreux régulièrement remarqués, dont l’un, le 2002, fut « coup de cœur » au guide Hachette. 2003, par exemple, a donné un vin de garde d’une belle intensité aromatique, où l’abricot et l’orange confite s’ajoutent à l’acacia et la cired’abeille ,tandis que le palais s’avère équilibré et chaleureux. 2004 associe au nez les fleurs blanches au miel et à des notes d’épices, puis confirme sa douceur et affirme ampleur et rondeur en bouche, jusqu’en finale. 2005, enfin, où vivacité et onctuosité se renforcent, ce qui incite à le suivre.

…Et aussi, le Château Nairac, grand vin du terroir sud de Barsac qui a su excellemment équilibrer sa richesse par une élégance du meilleur aloi depuis 2003, mais peut-être pas, aujourd’hui, au tarif le plus accessible ; le Château Doisy-Védrines, moderne, au bouquet riche, très liquoreux, qui acquiert beaucoup de distinction avec l’age ; le Château Piada, au vin gras, riche, onctueux et long, à large palette aromatique ; le Château Roland, frais, élégant, au style confit, très accessible.

 

Cadillac  Loupiac  Sainte-croix-du-mont  Sauternais  Barsac  sauternes

Sauternes

 

financièrement accessibles, compte tenu, encore une fois, des conditions Sur le terroir de Sauternes, un grand soleil ne se couche jamais. C’est le Château d’Yquem, un nectar hors de toutes les séries. Il ne pouvait pas ne pas figurer en tête de nos « Crus du cœur », même si l’on n’ignore pas que trop de gens n’auront jamais les moyens d’y goûter au long de leur vie. Il est l’un des joyaux du patrimoine vitivinicole français.

Nous avons élus, ensuite, un ensemble de crus classés, constituant des « Vins d’événements », certes assez coûteux ; mais dont, d’une part, les prix doivent intégrer les réalités de la rigueur nécessaire pour produire de grands vins ( petits rendements, risques pris et tries multiples au cours de longues vendanges, etc) ; et dont, d’autre part, le rapport qualité/prix a été correctement établi : lorsque cette qualité est élevée et que les prix s’y accordent hors des outrances du marché, il n’y a rien à redire.

Enfin, nous avons détecté des Sauternes un peu moins connus, peut être, mais à coup sûr très bons, et qui font de très louables efforts pour demeurer exigeantes de production.

 

Château d’Yquem, 32210 Sauternes
Tel 05 57 98 00 07

C’est donc le soleil, régulièrement. Il tient à cela, le mythe d’Yquem : à son miracle toujours recommencé d’un vin immense venu d’ailleurs. Tombé, oui, du soleil. Comment ne pas se souvenir, à son propos de l’exclamation d’un grand écrivain autant que dégustateur, Frédéric Dard : « c’est de la lumière bue ! ». Un équilibre, une harmonie de lumière, qui intègre l’ampleur, l’onctuosité, l’opulence, et même un boisé entièrement fondu dans un invincible respect.

A quoi s’ajoute l’autre miracle d’un vin qui semble ne jamais finir, en bouche comme dans le temps : des dizaines d’années après qu’il ait été produit, sa maturité reste intacte, son épanouissement semble éternel.

Comment trouver des explications totalement satisfaisantes à ce vin unique ? On peut simplement constater, qu’il procède d’une rencontre exceptionnelle : celle d’un vaste terroir (113 ha) qui couvre presque toute la mosaïque géologique du Sauternais, et d’une équipe technique brillante, détentrice d’un savoir-faire ancestral, dirigée naguère par le célèbre Comte Alexandre de Lur Saluces et aujourd’hui par Pierre Lurton. Le temps passe, Château d’Yquem demeure, soleil pérennisé sur la terre.

Ayant cité le Comte de Lur Saluces, on se doit de rapporter que celui-ci conduit toujours le vignoble du Château de Fargues, dont il est propriétaire à Fargues- de-Langon. N’ayant rien renié de ses principes, ni rien perdu, bien entendu de ses compétences, il produit un vin de haute lignée, proche d’Yquem par son classicisme, sa complexité, son caractêre somptueux en bouche.

 

Château Clos Haut Peyraguey, SCEA J et J Pauly, 33210, Bommes
Tel 05 56 76 61 53

Un grand, encore. Dans le peloton de tête, immédiatement après l’inaccessible Château d’Yquem : Clos Haut Peyraguey est d’ailleurs l’un des voisins de celui-ci.

Le Château Peyraguey eut un propriétaire, président du parlement de Bordeaux, guillotiné sous la Révolution ; il est, par ailleurs, resté célèbre pour sa barrique « Château Peyraguey 1858 » vendue 000 francs or au roi d’Espagne, Alphonse XII.

Un héritage scinda le Domaine en deux, en 1879 : le Clos Haut Peyraguet nait sur les pentes les plus élevées du terroir renommé du Haut-Bomes. Il appartient, depuis 1914, à la famille Pauly qui a fait preuve d’une exigence constante tant pour le travail à la vigne, que pour les méthodes de vinification et d’élevage.

Le terroir du Clos Haut Peraguet associe deux qualités principales : un sol gravelo-argilo-sableux, notamment très riche en argile, et une excellente exposition. Sur les 17 hectares d’un seul tenant, le sémillon très largement majoritaire (90%) est complété par 10% de sauvignon.

Ce qui caractérise d’abord le cru produit c’est -très logiquement en considération du terroir - la richesse de la liqueur, sa concentration, son opulence. Mais il ne serait pas un tout grand si cela ne s’accordait à une grande finesse, un bouquet magnifique. Il mérite qu’on le laisse, avec patience, atteindre ses sommets.

On notera enfin, que s’il affiche les tarifs d’un grand, c’est, aussi, en sachant raison garder : il n’exagère pas.

Le Château Haut-Bommes, premier vin à l’ancienneté, est, en fait, le « petit frère » du Clos ; financièrement plus accessible, il ne manque ni de finesse, ni de distinction, ni d’onctueuse complexité.

 

Château Gilette, 33210, Preignac
Tel 05 56 76 28 44

Ce micro-cru - par sa surface, 4,5 hectares - a eu une excellente et courageuse idée pour se propulser au sommet, quoiqu’il ne compte pas au nombre des crus classés : il a fait du temps, «  ce grand stratège » le plus efficace des associés. Ses vins ne sont commercialisés qu’au bout de vingt ans !

C’est dire, qu’il ne peut guère être que des vins d’événements exceptionnels ; de ces vins dont on se dit, coût oblige, qu’il faut au moins y avoir goûté une fois dans sa vie.

On a déjà eu l’occasion de célébrer ses propriétaires, Andrée et Christian Médeville, au chapitre des Graves, pour leurs « château Respide-Médeville, crus du cœur en rouge et blanc. Mais, ici, l’on est évidemment sur une autre planète : un liquoreux infiniment riche, au bouquet fruité époustouflant, qui mérite d’être carafé avant dégustation.

Les Médeville ont décidément beaucoup de cordes à leur arc ; car, à coté du Château Gilette inévitablement inaccessible pour beaucoup, ils ont une autre petite merveille de liquoreux à proposer, le Château les Justices : c’est un excellent sauternes classique, régulier et tout à fait remarquable aux bonnes années. Il charme par son équilibre, son élégance, son bouquet, sa richesse, sans excès, au palais et sa point de fraîheur. Il se retrouve, bien entendu, dans la grille également « classique » des tarifs.

 

Château Sigalas-Rabaud, 33210, Bommes
Tel 05 56 76 60 54

La sélection du Château Sigalas-Rabaud, opérée ici, sur la liste des crus classés de Sauternes, a, pour raison principale, son style très précis qui le distingue de tous les autres : sa finesse, comme consubstantielle.

Le liquoreux du Château, qui appartient à la famille Lambert des Granges, est produit sur un terroir homogène, argilo-graveleux, d’expositions sud : autant de conditions idéales à la production de la pourriture noble. Il bénéficie, à la vigne comme au chai, des hautes compétences de l’équipe technique de la maison Cordier avec laquelle un partenariat technico-commercial a été conclu.

Le vin est, certes, riche et puissant, ainsi que tout premier cru classé se doit d’être ; mais il y a surtout, immédiatement présente au cœur du vin, la finesse, déjà soulignée, et qui ne cessera de s’affirmer avec l’age. Un tel cru a forcément ses fans. D’autant qu’au regard de son haut niveau qualitatif, son coût est très sagement tenu.

 

 

Château Lafaurie-Peraguey, 33210 Bommes
Tel 05 56 76 60 54

Comment n’aurait-on placé côte à côte, sur la liste des Crus du Cœur, Sigalas Rabaud, célébré ci-dessus, et le Château Lafaurie-Peraguey, producteur , pour sa part, d’un grand classique du Sauternais. Les deux propriétés sont contiguës. Leurs liquoreux sont produits par la même équipe technique. Et pourtant ces vins, qu’on peut associer dans l’excellence, font étonnamment, par ailleurs, écouter leur différence. Mais est-ce si surprenant, au fond ? Car ce sont d’abord les terroirs qui décident de l’âme de leurs vins, si les grands vignerons peuvent, aussi, en devenir les sculpteurs.

Le Château Lafaurie-Peraguey appartient donc, depuis 1917, aux Domaines Cordier eux-mêmes, qui exploitent 15 châteaux dont 11 grand crus dans le Bordelais. L’édifice lui-même est splendide, spectaculaire : d’allure hispano-byzantine, il a été érigé sur les plans d’une forteresse médiévale, et rénové au 18ème.

Le vignoble de Lafaurie-Peraguey, quant à lui, s’étend sur 40 hectares. Le cépage Sémillon, bien entendu, domine nettement (90%), que complètent, à égalité, le sauvignon et la muscadelle. Ce qui frappe dans le liquoreux produit, c’est sa structure, guère éloignée de celle d’Yquem, son bouquet confit qu’enrichit un boisé parfaitement fondu,son ampleur à l’attaque, sa riche liqueur de miel et de grillé sur laquelle, dès l’origine, on a misé, sa finale…qui n’en finit pas !

 

Château Rabaud-Promis, 33210 Bommes
Tel 05 56 76 67 38

La nostalgie, à juste raison, n’est plus ce qu’elle était. Et même, s’agissant du Château Rabaud-Promis, elle aura, semble-t-il, de moins en moins de raisons d’être.

Car il faut dire les choses clairement : dans un passé encore récent, avant que la famille Dejean n’acquiert le Domaine, la qualité du liquoreux produit par le Château, ne s’accordait plus à son statut de cru classé. Ni sa classe, à celle de Château lui-même, noblement dressé sur une colline, œuvre de Victor Louis, le célèbre architecte du grand théâtre de Bordeaux.

Mais, année après année, Phiippe Dejean a entrepris de redresser la barre. Le terroir était toujours là pour l’y aider : un sol d’argile et de graves, orienté au sud. Progressivement, le liquoreux retrouve sa couleur, ses parfums, son équilibre entre sucre et fraîcheur sa riche constitution. Alors, il faut suivre de très prés, aujourd’hui, le retour de Rabaud-Promis. D’autant que son coût n’a pas pris, en pourcentage, la même pente ascendante !

Et aussi, parmi les crus classés : Château Suduiraut, très complet, puissant, au fruité inoubliable, et dont certains millésimes touchent au ciel : Château La Tour Blanche, qui abrite une école de viticulture renommés, aux liquoreux équilibrés, bouquetés, riches en sucres résiduels, sans qu’ils perdent de leur légéreté ni de leur fraîcheur ; Château Rieussec, puissant et riche, au vieillissement magnifique ; Château Guiraud, rôti, opulent ; Château Rayne Vigneau, voisin d’Yquem, revenu depuis 2005 à son meilleur, élégant, équilibré, profond ; Château d’Arche, sur un très beau coteau, équilibré, à bonne intensité aromatique, intéressant aux beaux millésimes, notamment pour son rapport qualité/prix ; minéral, et d’une belle richesse aromatique qu’il faut savoir attendre. Château Lamothe (-Despugnols), qui associe la richesse à l’élégance, aux prix sagement tenus : à regarder, donc, de très prés..

Non classés, mais dont on se dit , pour la plupart qu’ils mériteraient de l’être ; les crus suivants ont su, du moins, comme tous ceux cités plus haut, accrocher … notre cœur.

 

Château Raymond-Lafon, 33210 Sauternes
Tel 05 56 63 21 02

« Un vin qui se rapproche de la splendeur et de la beauté du Château d’Yquem tout en coûtant trois fois moins cher ». Pour un peu, on n’aurait rien ajouté à ce commentaire ébloui du célèbre avocat-dégustateur américain Robert Parker .

Le Château Raymond-Lafon n’a eu qu’une malchance : il est né trop tard pour compter parmi les crus classés. Il n’a qu’un défaut : son liquoreux n’est pas facilement accessible, ou au « compte-goutte »,( si l’on est cependant bien renseigné sur le site internet du Château, www.chateau-raymond-lafon.fr) : parce que le Domaine, s’imposant des rendements très serrés sur ses 16 hectares en production (8,5 hl/ha !), ne produit que 20000 bouteilles par an et que sa clientèle est, évidemment très fidèle.

La référence à D’Yquem s’explique très concrétement : les deux terroirs sont voisins, et l’actuel propriétaire du Château Raymond-Lafon, Pierre Meslier en fut longtemps le régisseur : il en a mené l’expérience et l’exigence.

Pas de surprise, donc : si on parvient à y accéder, on rencontrera un vin au corps somptueux, imprégné par la pourriture noble, raffiné, harmonieux, incroyablement long. Bref, un très grand.

 

Château Haut-Bergeron, 3, Piquey, 33210 Preignac
Tel 05 56 63 24 76

Voici un Château profondément enraciné dans la tradition : quoi de plus naturel puisqu’il est dirigé par la même famille depuis le 18ème ! Il compte, dans les dernières décennies d’éclatantes réussites, 1980… 1983, 1989, et encore 2003, 2005, parmi beaucoup beaucoup d’autres.

Face à quoi, il faut immédiatement le dire, ses propriétaires, Patrick et Hervé Lamothe, ont refusé de s’enflammer, de céder au moindre vertige d’une modernité parfois ambiguë. Le Domaine est resté fidèle à lui-même, à son histoire, et les tarifs ont été scrupuleusement tenus. Aujourd’hui, le rapport qualité/prix du Château Haut-Bergeron est peut-être le plus époustouflant du Sauternais.

Au demeurant, le Domaine dispose d’atouts essentiels : un terroir de très haut niveau, proche d’Yquem, pour partie, et de beaux espaces de vieilles vignes ( 90% de sémillon), qui assurent au cru une remarquable régularité. Ce n’est pas un hasard si, constamment élu dans les éditions successives du guide Hachette (et de bien d’autres), il y a encore hérité d’un coup de coeur en 2005. C’est un vin de grand équilibre et de belle élégance, qui offre un bouquet intense de miel et de fruits exotiques, une liqueur harmonieuse et qui sait fort bien « apprivoiser » le bois. De longue garde.

Haut Bergeron produit également les Châteaux Farluret (distingué, ci-dessus à Barsac) et Fontebride.

 

Château Laville, 33210 Preignac
Tel 05 56 63 59 45

Un sauternes qui monte, qui monte…A suivre donc, de l’œil et du palais. Le Château Laville, producteur régulier de Sauternes de qualité, a littéralement éclaté avec ses impressionnants millésimes 2003 et 2004.

Ce n’est, certes pas, un hasard : son propriétaire, Jean Christophe Barbe bénéficie à Preignac d’un terroir de qualité, et son talent fait le reste. Son vignoble, au sol de sable et de graves, est situé, en effet, à proximité confluent de la Garonne et du Ciron, ce petit cours d’eau dont on dit que, par sa fraîcheur, il fait les brouillards de la pourriture noble.

Voici, en tous cas, des vins gras et ronds, intenses et séduisants au nez, frais, élégants, moelleux au palais avec de arômes de d’abricots confits, de coing et de miel. Leur finale est une promesse : qui aura la patience de les attendre, cinq ans, dix ans peut- être, goûtera des vins de grande race. Ici encore, pour un excellent rapport prix/plaisir.

Le Château Delmond, 2ème vin du Domaine, très accessible, ne manque pas de personnalité dans son élégant équilibre.

 

Château D’Armajan des Ormes, 33210, Preignac
Tel 05 56 63 21 55

Les vignobles M et J Perromat, très présents dans le Bordelais, produisent notamment des Bordeaux et des Graves. Mais leur fleurons sont à Sauternes.

Il y a, en premier lieu le Château d’Armajan des Ormes, propriété familiale des Perromat depuis trois générations.

L’édifice lui-même, à l’entrée du bourg de Preignac, est une élégante demeure Louis XV, tandis que le vignoble, d’une quinzaine d’hectare, est serti dans un parc clos.

Les vignes de plus de 25 ans poussent sur un sol de sable et de graves, très typique en Sauternais. Le sémillon est, bien entendu, majoritaire, qui amène ses arômes et son ampleur ; mais la part du sauvignon (25%) est loin d’être insignifiante, qui apporte fraîcheur et structure ; enfin, 5% de muscadelle ajoutent de la rondeur et des arômes.

Cela donne des liquoreux complexes, harmonieux, aux arômes de fruits mûrs, amples et onctueux en bouche, où l’on retrouve un bouquet de fruits exotiques, puis de rôti, avec des notes épicées ; finale très persistance. Tout cela annonce une riche aptitude à vieillir : mais saura-t-on l’attendre ? D’autant que le très correct rapport qualité/ prix donne envie d’y revenir.

Vient ensuite le château Le Juge qui vieillira fort bien aussi. Moins riche que le précédent, il séduit par son équilibre, ses arômes au nez et en bouche, son onctuosité, sa longue finale. Très accessible également.

 

…Et aussi

les Châteaux de Bastard, La Tour des Remparts et le Clos Dady, de Catherine et Catherine Gachet, des vins très soignés, subtils, davantage sur des arômes de fruits, de délicats bijoux en leurs jardins ; les vins de Philippe Mercadier, Château de Veyres, d’abord, ample, onctueux, au bouquet de fruits confits, d’une bonne régularité qualitative, Château Haut Coutet, vif et distingué, et Château Tuyttens, plus corsé ; Château Voigny, au fruit expressif, opulent en bouche et de bonne longueur.

Ultime « tuyau » : si vous souhaitez approcher les crus classés avec prudence, tentez le détour par les seconds vins, venant souvent de vignes jeunes, bien plus accessibles la plupart du temps. Exemples : La Chapelle de Lafaurie, ample et racé ; L’Ouest, de Lamothe-Guignard, léger, équilibré, au beau fruité ; Les Tourelles de Lamothe (Despujols), frais, croquant, fruité. Et si vous arrivez à dénicher le Cadet de Raymond-Lafon, ce ne sera qu’un long plaisir immédiat !